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L’Écho du Pas-de-Calais n°164 – octobre 2016

Par Christian Defrance,Géraldine Falek, Romain Lamirand et Marie-Lise Mérite
Si la maison de retraite est dans tous les esprits lorsqu’il est question de personnes âgées en perte d’autonomie, il existe pourtant dessolutions alternatives.  L’une d’elles: la famille d’accueil.
Anciens commerçants, Marie-Line et Oliver Baudet ont choisi de changer de métier, pour devenir famille d’accueil.
« Depuis toute petite, je voulais m’occuper des personnesâgées. Quand j’ai souhaité changer
d’activité, je me suis lancée dans l’aventure. Olivier m’a accompagnée dans la démarche et il devait à la base uniquement s’occuper de la «logistique» ou m’aider à lacuisine.Et finalement il s’est aussi laissé tenter et a lui aussi obtenu l’agrément d’accueillant familial.
Dans la ferme du couple à Bécourt, en pleine campagne, Jeanine, Suzanne et Alfred qui à bientôt 102 ans, est le doyen de la maison, ont choisi avec leur famille de profiter de leur retraite au calme dans la campagne du Montreuillois. Ce qui les a séduits ? La vie en commu
-nauté, les mêmes garanties d’accompagnement et de suivi médicalque dans une maison de retraite,mais surtout un rapport privilégié à l’autre et une prise en chargepersonnalisée. Ici, tout le monde vit ensemble, profite de la véranda pour se réunir, mais tout le monde dispose d’une chambre, d’un chez soi où il peut aller et venir à sa convenance. Pour Suzanne,la famille d’accueil c’est l’indépendance. Je peux vivre à mon rythme, ma fille peut venir
me voir facilement, Olivier fait très bien à manger, on peut rigoler ensemble… C’est vraiment très bien! »
Quand on aborde la question du choix, le cuisinier de la maison ne prêche pas  forcément pour sa paroisse :
« tout le monde n’est pas fait pour la famille d’accueil, comme tout le monde n’est pas fait pour la maison de retraite. La famille d’accueil offre cependant un plus, un service personnalisé ! Ici nous sommes deux personnes formées et qualifiées pour nous occuper
de trois personnes, c’est difficile de trouver une meilleure prise encharge. Nous connaissons leurs goûts, donc on peut par exemple adapter les menus en fonction des différents régimes alimentaires et en plus leur faire plaisir. La seule ombre au tableau, c’est que nous ne sommes pas assez connus, que les gens pensent encore trop systématiquement à la maison de retraite classique et ne savent pas qu’ils peuvent demander conseil à la Maison de l’Autonomie de leur secteur, mais j’ai bon espoir pour que cela change.
En effet, quand on y prête attention,l’offre a de quoi séduire. Garantiesde soins identiques avec les médecins, infirmières et spécialistes qui se déplacent à domicile, possibilité
de bénéficier de l’APA et de l’allocation logement, paiement en CESU pour simplifier les démarches, possibilité d’accueil de couples, possibilité de faire un essai, la liste des
avantages est longue. Alors pour Olivier quand rester à domicile n’est plus possible,
le plus important c’est de trouver la solution la plus adaptée pour le bien-être de la
personne âgée, alors il ne faut pas hésiter à se renseigner!

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Par la Voix du Nord le 14/02/2016

Marie-Line Baudet est aux petits soins pour Alfred Hanquez et Jeanine Merlot.

Marie-Line Baudet est aux petits soins pour Alfred Hanquez et Jeanine
 

En 2013, Marie-Line a sauté le pas. Elle a demandé son agrément au Département pour accueillir des personnes âgées chez elle. «  Il a fallu transformer les dépendances de la maison pour faire trois chambres. Les assistantes sociales ont fait une enquête de personnalité et j’ai enfin obtenu mon agrément. Mon mari a cessé son activité de commerçant et il a passé son agrément, lui aussi.  » «  C’est une grosse responsabilité. Dans une maison de retraite, c’est la vie en collectivité. Certains ne s’y font pas. Ici, c’est la vie en communauté c’est totalement différent  », poursuit Olivier.

La vie en communauté, Jeanine ne l’a pas vraiment choisie. Ni Alfred. Il y a quelques mois, la famille de Jeanine a constaté qu’elle ne pouvait plus rester seule chez elle. Ils ont choisi la formule de la famille d’accueil plutôt que la maison de retraite. «  Les enfants habitent à quelques kilomètres de Bécourt, ils trouvaient que c’était la meilleure solution.  » Alfred est resté autonome jusqu’à 99 ans. «  On pensait qu’une famille d’accueil, c’était l’environnement qu’il fallait à notre père. Il se plaît ici  », explique son fils.

Après quelques semaines, Jeanine a trouvé le feeling avec sa nouvelle famille. Avec Alfred, elle s’est tout de suite bien entendue. «  Je veille sur lui, je vais souvent dans sa chambre pour voir si tout va bien, s’il n’est pas tombé.  » Alfred lui adresse un sourire. C’est son anniversaire, il a 101 ans et toute sa famille est réunie autour du gâteau dans le salon des Baudet. «  On peut venir quand on veut, il n’y a pas d’heures de visite  », soulignent-ils.

Si Jeanine et Alfred ont dû se faire à la vie en commun, Marie-Line et Olivier ont dû veiller à préserver leur vie à eux. «  S’occuper de Jeanine et Alfred, c’est du 24 h sur 24. Il faut veiller à se réserver des moments pour nous, comme ils en ont pour eux  », explique Olivier. Parfois ils vont au cinéma, ou chez des amis. Et en vacances aussi. À ce moment là, c’est une remplaçante qui vient prendre leur place. «  Pour vivre en communauté, il faut une sacrée organisation. Il faut aussi beaucoup d’amour  », sourit Marie-Line.

« Pour moi, c’est une vocation »

«  Quand j’étais jeune, j’ai passé beaucoup de temps auprès de ma grand-mère qui était malade, raconte Marie-Line Baudet. J’adorais m’occuper d’elle. Je me suis toujours sentie bien avec les personnes âgées. Pour moi c’est une vocation.  » Marie-Line Baudet a ensuite fait des études pour s’occuper des personnes âgées. «  Avec son mari, on a eu le projet de monter une maison de retraite au Portel, mais financièrement,  nous n’avons pas pu.  » Après avoir exercé dans le commerce, les époux Baudet ont sauté le pas, il y a trois ans. Ils ont adapté leur maison de Bécourt pour accueillir des personnes âgées et obtenu leur agrément. Ils ne le regrettent pas.

Cinquante-quatre familles d’accueil dans l’arrondissement

Les familles d’accueil pour personnes âgées et personnes handicapées sont placées sous la responsabilité de la maison de l’autonomie qui dépend du Département. «  Les gens sont répartis dans 54 familles de l’arrondissement de Montreuil, explique Pascale Ratelade, de la maison de l’Autonomie. 35 sont des personnes souffrant de handicaps et 76 sont des personnes âgées. La plupart des familles sont concentrées dans les cantons de Fruges et Hucqueliers.  »

Deux assistantes sociales et une infirmière épaulent les familles. «  Lorsqu’une famille fait une demande, on voit si le logement est adapté, on fait une enquête de personnalité. Une fois qu’elles ont leur agrément, on passe très régulièrement, pour voir si tout se passe bien et pour conseiller les familles.  »

Renseignements : 03 21 31 27 15

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